Coup de griffe

Publié le par Lady Writer

 

Oh ! Vous vous dites, en voyant cette image  terrifiante, que Lady va encore être ronchon aujourd'hui et sombrer dans du germano-pratisme stérile ou encore se lamenter sur les affres de la ménopause. Diantre ! N'ayez pas peur, amis lecteurs. Je voulais juste vous faire part d'une déception. Je vous en avais déjà parlé ici, mais cela n'avait pas fait beaucoup d'effet. Alors j'en remets une couche. Je n'ai pas pu finir le fameux roman dont tout le monde parle en France en ce moment. Vous voyez lequel ? Mais non, enfin, pas le Angot ! Celui ecrit par un américain de 38 ans. Les Bienveillantes. Jonathan Littell. Jamais je n'ai vu une telle presse. Surfez un peu, vous verrez. Mon amie B, attachée de presse dans grande maison littéraire, me dit que c'est "de la folie". Rupture de stock et re-impressions en cours. Articles délirants, Assouline sidéré, libraires en transes, bouche à oreille insensé, bref, Les Bienveillantes est bien le livre qu'il faut lire en cette rentrée litteraire 2006. Alors j'ai essayé. Installée avec le Chat, sur mon confortable canapé, munie d'une tisane et de mes lunettes, j'ai essayé. Les 900 pages ne m'ont point fait peur du tout. J'adore les gros bouquins, j'ai récemment dévoré Terre des Oublis ( de D.T. Huong, qui en fait 800 ) et Dans la main du diable (de AM Garat, qui en fait 906 ...)

C'est remarquablement écrit.  Froideur et lucidité émanent de chaque phrase. Je cale assez vite. Je trouve cela très technique, très dans le détail  militaire un peu poussif . Je laisse de côté Monsieur Littell pour lire Monsieur Blondel, qui m'enchante. Je reprends Monsieur Littell, en me disant, "Lady, c'est le livre dont tout le monde parle, tout le monde crie au génie, allez, un petit effort." Je recale. Je ne ressens pas d'émotion. J'ai l'impression d'être devant un document administratif sans fin qui épluche d'une façon extraordinairement minutieuse voire rébarbative les faits et gestes des Einsatzgruppen.

 Oserais-je le dire ? Oui, après tout, je suis sur mon blog, je suis protégée par mon joli pseudo. Alors je vais le dire. Je me suis profondément ennuyée. Je n'ai pas été emue. Suis-je la seule ? Y a-t-il quelqu'un là-bas, dehors, qui comme moi, n'a pas eu d'orgasme en lisant ce livre ?

Je crois que je vais me ranger (pour une fois!)  du côté des Inrocks qui écrivent :" C'est le premier roman dont on va entendre parler cette rentrée... Seul problème : avec son côté performance trop affiché, il nous tombe des mains."

Publié dans Ragots germano-pratins

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Allie 19/09/2006 17:03

J'ai tendance à fuir ce qui est très populaire... ou à finir par le lire beaucoup plus tard, quand la poussière retombe...
Mais ce roman, Les bienveillantes, ne m'attire pas. Son sujet ne m'attire pas. Comme je lis pour le plaisir, je ne le lirai pas.

Lady Writer 21/09/2006 12:30

Quand la poussière retombe, comme vous dites si joliment;..
Lady

marie 17/09/2006 05:50

J'ai failli arrêter après 100 et quelques pages...et puis, je crois qua je vais quand même continuer.
Ca, pour être "technique", c'est "technique".....rire nerveux.....
En fait, je crois que tout est dit ( ou plutôt redit...) sur le sujet dans le premier chapitre intitulé Toccata. Je crois aussi qu'on ne redira jamais assez, donc..........
Après...Sur le blog d'un écrivain et critique littéraire suisse, il était écrit qu'il fallait lire ce livre dans l'urgence ...Je pense plutôt que c'est Jonathan Littell qui avait besoin de l'écrire dans l'urgence. On ne sort pas d'années de travail humanitaire dans les pires endroits sans y laisser des plumes.
C'est , je crois, Olivia de Lamberterie qui parlait de vomissement( d'ailleurs le personnage central en parle beaucoup de ses vomissements..et quand il dit ne pas avoir de remords........qu'est ce que son corps en a!) . J'ai cette même impression.
Alors, se pose quand même la question du lecteur. Qui doit accepter qu'on lui vomisse dessus pendant 900 pages, c'est longuet, quand même. Lecteur que la nausée prend au début, c'est évident, mais c'est justement la froideur de la narration qui la supprime très vite, cette nausée. Et ce lecteur se retrouve, c'est un comble, à suivre de près les détails personnels de ce Max Aue....
C'est volontaire, je n'en doute pas une minute, mais est ce bien sain? Je crains beaucoup le voyeurisme dans le succès de ce genre d'ouvrages........

Lady Writer 21/09/2006 12:26

Marie, avez vous continué ? Racontez !
LW

nathalie 16/09/2006 17:51

Je suis allée en librairie, cet aprem, j'ai fouiné, parcouru... du coup j'ai bouquiné Les bienveillantes, comme ça, parce qu'il était visible et que vous nous en aviez parlé.
Je n'achète jamais un livre très médiatisé avant d'avoir parcouru plusieurs pages lues au hasard.
La popularité d'un roman ne certifie en rien qu'il me plaira. Au contraire, souvent j'ai un a-priori. Trop parler de quelque chose, que ce soit d'un film ou d'un bouquin, équivaut déjà à m'en écoeurer.
J'aime découvrir par moi seule... prendre le temps, m'intéresser, dénicher ma perle à moi... pas forcément celle de tout le monde.
Je n'ai pas acheté Les bienveillantes car je n'ai pas été convaincue. Froideur, détails... pas pour moi.
En revanche, j'ai acheté Sainte Nénette de Bruno Roza.

Lady Writer 21/09/2006 12:26

Je me demande comment ce jeune Littell vit son immense succès. J'ai lu sur le blog d'assouline qu'il vient en france cette semaine et qu'il refuse toutes les télés...
Lady

Marie Personne 16/09/2006 16:10

Pas lu, pas envie de lire. Mais je ne crois pas que ce soit à cause de l'encensement général. Finalement je me laisse peu influencer là-dessus. J'ai des préjugés, des intuitions, des a priori, et je les revendique. Flûte alors. Et ce livre-là, rien à faire, je ne le "sens" pas. On ne serait pas copains.

Lady Writer 21/09/2006 12:25

:) Lady

Béatrice 16/09/2006 11:22

Si le livre vous tombe des mains, il faut le poser doucement par terre. Le fait que l'auteur soit jeune, américain, et "écrivant directement en français" (ai-je lu quelque part), ne doit pas vous influencer, si tant est que cela puisse influencer quelqu'un....

Lady Writer 21/09/2006 12:24

Non, tout cela ne m'a pas influencé. J'ai été gentille et j'ai posé ce gros roman doucement sur ma table. Mon voisin l'a emprunté. On verra bien..

Lady :)